lundi 24 avril 2017

Cool soleil bientôt sur Smashwords

Je vais publier mon roman Cool soleil chez Smashwords en livre électronique. Je compte finaliser la première édition et la mettre en ligne d'ici le 15 mai 2017.

Une deuxième édition suivra puisque je n'aurai pas eu la chance de profiter des précieux services d'édition d'un éditeur. Je préfère procéder de la sorte plutôt que de retarder encore des mois la parution; après tout, c'est bon comme ça, faut peut-être juste polir un peu, et je profiterai des commentaires des lectrices et des lecteurs, à défaut d'un œil professionnel sur la question. J'attends mon ISBN. Prix de vente prévu: 5$ CAD.

Puis, je publierai ici des textes en lien avec Cool soleil et les enjeux et questions qui y sont abordés.
Dominik Rock

samedi 1 avril 2017

Cool soleil essuie des refus élogieux grrr

Okéééé, mon manuscrit Cool soleil vient d'essuyer un 3e refus que je qualifierais d'élogieux, je veux dire les trois, les trois précisant d'une manière ou l'autre que mon texte au fond leur plaît.

Pas tout à fait, "à regret", "choix déchirant", hum, rien à faire, on ne me publiera pas au Québec, en tout cas pas celui-là. Pourtant, ces refus me confirment que la raison du refus n'est pas la qualité ni l'originalité du texte, plutôt l'état du marché du livre au Québec en 2017. Les idées et thèmes abordés dans Cool soleil ne conviennent pas au marché.

Oh certainement que Cool soleil aurait besoin d'un bon coup de pouce de la part de l’œil averti d'un éditeur, pas de doute, même, mais il semble que je vais devoir m'arranger tu-seule.

Quant à mes envois dans la Métropole, la France, un habituel refus sans commentaire et une absence de réponse annoncée. Cool soleil est en québécois... bel avenir. Pourtant ça parle justement de ces racines de France qui ont germées sauvages de l'autre côté, ici, en Amérique, mais est-ce que les Français s'intéressent à ça, des restants de France... pas l'impression.

Alors je suis bloquée, pas accès à l'enclos des auteurs du Québec, pas reconnue par la France comme parlant français avec mon patois de câlice, pas d'intérêt pour ce qui reste d'eux ici...

Bon ben qu'est-ce que je fais? C'est bon, Cool soleil, juste euh, l'histoire a fait que je suis née ici avec cette langue, c'est ça mon histoire. Notre histoire. Je trouve, moi, que Cool soleil image très bien le Québec d'hui, et d'hier aussi, puisqu'elle n'a de québécois que la culture, Soliane que X trouve "forte et inspirante", étant d'origine italienne, elle n'a que la culture, les références et la langue, québécoises, et un lointain lien avec cette France qu'on ne connaît pas. Elle traverse l'Amérique, s'adaptant au fur et à mesure à son environnement, apprenant les langues locales, exactement comme les coureurs des bois d'il y a 300 ans, les Canayens, avec une part de sang autochtone, c'est pas clair... comme Soliane, qui, comme le Québec, n'arrive pas vraiment à s'inventer, ne sait pas qui elle est, ni même de quel sexe...

Alors je fais quoi? Je le donne? je le rends accessible en pdf, je le publie ici par chapitre?

Je sais pas encore, mais déjà, les firmes d'auto-édition me semblent une arnaque. Tant qu'à pas faire d'argent, autant le voir le plus accessible possible, ce roman.

Genre les intéressés, ou intéressées, levez la main.

En tout cas, j'y songe.

Dominik Rock

lundi 6 mars 2017

Je suis deux (au moins)

J’ai toujours senti une espèce dédoublement en moi, d’aussi loin que je me rappelle, un peu comme si je n’étais pas une seule personne. Non pas un dédoublement de la personnalité, si je souffrais de ça, ma psy, ma docteure l’auraient décelé. Quand j’étais enfant, je me souviens, j’hésitais beaucoup à m’engager dans quoi que ce soit, j’étais un peu… style catatonique, t’sais… pas très dynamique. Cette hésitation, je la vivais comme une espèce de débat entre moi et moi, une discussion. Intérieure et profonde. Genre : T’es pas game! Effectivement, que je constatais. Pas game. Non mais t’sais, genre pourquoi faire cela (ce qu’on me demande), pourquoi refuser… Je discutais ça entre moi et moi. So je bougeais pas, t’sais, et les gens me trouvaient pas mal weird de ne pas réagir comme la plupart des autres enfants le font. Mais c’est pas que je réagissais pas, ça prenait juste un peu plus de temps. Beaucoup, peut-être puisque souvent j’arrivais pas à un consensus. Ouais, peut-être qu’on était trois, finalement. Je sais pas trop…

Mais c’est sûr, maintenant je sais… Je ne suis pas Une personne, je suis plusieurs, c’est génétique. C’est bien simple : je suis mosaïque, je suis genre plusieurs personnes en une. Maintenant je peux commencer à le démontrer, maintenant que j’ai allumé là-dessus, mais évidemment, c’est un véritable caryotype que ça me prendrait mais faut payer pour ça, pis c’est même pas disponible au Québec anyway. Mais j’ai des signes tangibles de ce que j’avance et, de toute manière, je le vis au jour le jour, maintenant que je le sais, je le décèle.

Ce qui vient de me porter à reprendre la plume sur ce sujet, à reprendre ce brouillon que j’avais amorcé l’autre jour, c’est que j'ai commencé à lire un document, celui qui m’aidera éventuellement à changer de nom officiellement, et de sexe, mais j’y reviendrai, et que j’ai deux yeux qui regardent différemment, c’est soit l’un, soit l’autre qui regarde.

Je me souviens, à une époque j’avais commencé à prendre mes photos de l’œil droit puisque ma vue avait baissé à gauche, genre, et que je voyais pus bien. Pourtant, j’arrivais pas au même cadrage, au même feeling de l’image. J’avais perdu une certaine sensibilité dans mes photos en passant à l’œil droit, comme si c’était un autre artiste.

Mon œil gauche a une tache de brun. Toute petite mais très nette. Le tour de mon iris est bleu, et l’intérieur est un mélange de bleu et de brun, le tout variant selon la lumière et pouvant donner tant du vert que du jaune, entremêlés de bleu. Mes deux yeux sont évidemment différents l’un de l’autre si on les regarde de près, mais de loin, ça fait un mélange que je vois vert et que tout le monde dit bleu. Mais c’est brun et bleu. Déjà là, en observant de près mes yeux, on voit bien que je suis mosaïque.

Qu’est-ce qu’être mosaïque? Eh bien c’est génétique et donc un peu hors de ma portée pour ce qui est de la compréhension précise de la chose, mais en fait il s’agit de division de cellules, qui surviennent lors de notre croissance, les cellules se dédoublent, mais des erreurs surviennent dans le code, et si ces erreurs surviennent tôt dans la croissance, elles sont donc répétées, copiées dans les cellules créées, copiées par après. Et donc ainsi une partie des cellules de mes yeux aboutissent en brun dans mes yeux, et la majorité en bleu.

Il en va de même pour le reste de mon corps. De mon cerveau aussi. Cette mosaïcité s’exprime ça et là dans mon corps. Au hasard.

J’ai aussi des poils bicolores, bruns foncés à un bout, et blond-roux à l’autre bout, parfois inversés. Les chattes espagnoles sont un exemple bien connu de mosaïcité, et leur pelage à taches caractéristique, avec poils bi ou tricolore, ben, c'est pareil pour mes poils bicolores.

Il s’agit parfois de trisomie, en ce sens qu’une partie du gêne se dédouble, donnant donc trois instances du gêne, ou d’une partie du gêne, et donc trisomie. La plus connue des trisomies est la trisomie 21, concernant le 21e chromosome, mais ici aussi, ce peut être mosaïque, ainsi certains trisomiques 21 sont gravement affectés, d’autres sont plus fonctionnels, et la mosaïque de ces derniers est plus concentrées en cellules non-affectées par la trisomie, c’est tout.

Mais il existe d’autres trisomies, n’importe lequel des chromosomes peut subir une modification. Ça arrive, genre assez souvent, et la science ne sait pas exactement pourquoi, mais on sait que, passé un certain âge de la mère, la trisomie 21 devient plus probable en cas de gestation.

Du côté de l’autisme, c’est le père qui constitue le risque, l’âge du père, puisque, dans la très grande majorité des cas d’autisme, on trouve un géniteur qui était plus vieux que 40 ans lors de la conception.

Le 16e chromosome est associé à l’autisme. Je correspond en tout point à la description d’un cas de trisomie 16, les symptômes du dédoublement d’une partie du 16e chromomsome.

J’estime que, également, je représente un cas de trisomie 23, soit le chromosome sexuel, en ce sens que je suis probablement XXY, en partie femme, en partie mâle. Génétiquement.

De là les difficultés à me comprendre tout au long de ma vie.

Ceci n’est pas une thèse ni un essai, je ne m’évertue donc pas à placer des références à mes propos, mais j’en ai, et j’ai des professionnelles qui ne me contredisent pas, et une hormonothérapie à faible dose qui a un effet bœuf, exceptionnel.

On n’a pas une personnalité, on est le résultat de notre génétique. Le code…

Je suis comme ça. Born this way. Bi everything

Dominik Rock

samedi 25 février 2017

Je deviens moi

Depuis quelques jours, deux semaine peut-être, je sens des changements majeurs en moi, je me sens passer une frontière, un cap, je sais pas. Je deviens moi, je suis plus sûre de moi, j’ai jamais connu ça auparavant, je le réalise rétrospectivement… Je sais de plus en plus qui je suis.

Quand je marche sur la rue, j’ai besoin d’une bonne dose de savoir qui je suis pour affronter les yeux des gens qui, pour la plupart, me voient pour la première fois. J’admets que, sans être genre freak, comme c’est pas certain si je suis un homme ou une femme, il peut y avoir un moment de confusion, et probablement que plusieurs de ces individus me souriraient trois secondes plus tard, mais en les croisant ainsi sur la rue, je ne saisis dans leurs yeux que le moment de confusion où c’est que leur cerveau n’arrive pas à me caser, alors, pour moi, chaque marche dehors est une série d’étonnements. d’yeux questionneurs, parfois fâchés, souvent rieurs.

Je m’en fiche, c’est eux qui vivent un moment de confusion, pas moi. Mais bon, je m'en fiche pas tant, parce que je suis pas genre une machine, je suis un être humain, et comme tous ceux et celles de mon espèce, j’ai besoin de l’acceptation du groupe, du clan. Si tout le monde me rejette, je ne suis plus humain, je veux dire… c’est ça, être humain, c’est échanger avec d’autres humain. Survivre, n’importe quel animal peut faire ça. Mais pour vivre, ça prend un groupe. Pour un humain en tout cas. On est des être sociaux.

Et même si je suis pas très sociale, j’en ai besoin quand même. Alors je demande pas grand-chose, juste qu’on comprenne que je suis moi ainsi et que je peux pas l’être autrement. Pis que c’est un work in progress, j’ai pas le cash pour me faire épiler pis me faire poser des boules, pour compléter l’image d’une humain femelle. Un peu d’indulgence per favor, ça se fait pas en criant lapin. Ni licorne. D’autant que je suis pauvre.

C’est tough mais je continue, parce que je deviens moi, c’est quand même grisant, de devenir soi. Mais c'est freakant aussi, parce que je suis pas mal toute seule là-dedans, j'ai pas beaucoup d'appuis.
Dominik Rock